samedi 8 janvier 2011

Surface 2.0 : enfin une vraie table qui aussi n'est plus une table !

Chaque année en janvier, le CES (Consumer Electronic Show) de Las Vegas est l'occasion de se projeter dans le futur.
En 2011, le futur est peuplé de tablettes et de tables tactiles. On annonce une bonne centaine de tablettes et quelques tables, mais ne rêvez pas, beaucoup moins seront commercialisées.
En l'absence d'Apple, Microsoft en profite, avec raison, pour faire son show et présenter ses nouveaux produits.
Pas grand chose à dire du côté des tablettes, les modèles de Microsoft n'émergent pas dans l'ensemble des produits, c'est le même problème qu'avec les smartphones sous Windows phone 7. Si le buzz au CES est bien autour des tablettes, il ne concerne pas vraiment les tablettes sous Windows 7.
Ce n'est pas la même chose du côté des tables avec la présentation de Surface 2.0. Si quand on parle de tablettes, tout le monde pense à l'iPad (ça c'est pour avoir des commentaires enflammés des utilisateurs de Galaxy ou de Streak), quand on parle de table interactive, on pense surtout à Surface.
A mon avis Surface 2.0 n'est pas simplement une amélioration de Surface 1.0, c'est le produit qui devrait faire sortir les tables interactives de l'enfance.
Regardez là pour comprendre en quoi elle est intéressante :

La nouveauté, c'est tout simplement que Surface 2.0 est une table et ça change tout. La première version ressemblait à un gros cube rectangulaire (je sais, ça n'existe pas) qui ne donnait pas envie de s'attabler. Avec Surface 2.0, on va vraiment pouvoir se mettre autour, jouer, travailler ou manger dessus. Vos pouvez même prendre le thé dessus et le renverser, c'est une vraie table qui ne craint pas grand chose avec sa solide surface vitrée.
Il y a une autre nouveauté intéressante, c'est que Surface 2.0 n'est pas une table. Comme elle est bien plus mince, c'est devenue une surface qu'on peut accrocher au mur comme on le voit sur cette autre photo :

Du coup, tout un tas de nouveaux contextes d'application s'ouvrent, par exemple, le secteur médical.
Enfin, Surface 2.0 est aussi plus grande puisqu'elle dispose d'un écran LCD HD Samsung de 40'' (1 m) contre seulement 30'' auparavant. Là aussi, ça change tout, on n'est plus forcément face à face, en opposition, comme avant, on peut désormais collaborer ensemble côte à côte.

Pour voir toutes ces nouveautés, regardez cette vidéo (6min 30).

Surface 2.0 n'est donc pas simplement une table interactive, c'est une véritable grande surface (même si elle reste encore bien petite), ça c'est nouveau et c'est intéressant.

jeudi 16 décembre 2010

L'intérêt de Kinect, c'est aussi son détournement pour faire des appli gestuelles


Certains diront "encore un article sur Kinect".
Cette fois-ci, il ne s'agit pas de critiquer la jouabilité (gameplay) des jeux sur Xbox-Kinect, mais d'évoquer les détournements de ce dispositif par tout un tas d'amateurs éclairés ou d'équipes de recherche prestigieuses.
Je mets dans cette catégorie le groupe Fluid Interfaces du MediaLab (MIT).
C'est ce groupe qui a déjà réalisé Sixth Sense, on peut donc s'attendre à ce qu'il exploite astucieusement Kinect.
Leur projet actuel est d'utiliser Kinect pour surfer sur le web. Pour l'instant, comme le reconnaît Doug Fritz (cf. article de Technology Review), ils tâtonnent un peu et cherchent, comme tout le monde, les bons gestes de navigation. Ne connaissant pas les gestes de base proposés par Microsoft, ils se sont plutôt inspirés des gestes à la iPhone.
Sans doute que Microsofr n'imaginait pas un tel détournement de Kinect qui, pour quelques milliers de dollars (avec le logiciel), permet enfin à pas mal d'équipes de recherche d'imaginer simplement des applications à commandes gestuelles.
Pour l'instant, ça reste au niveau des preuves de concept, mais on peut parier que, comme Surface l'a fait pour le tabletop computing, Kinect va booster les recherches sur l'interaction gestuelle.
Un exemple est cette vidéo qui montre l'animation gestuelle d'une marionnette avec une Kinect, un portable et un vidéoprojecteur.
La grande question reste de savoir si les gens sont prêts à abandonner leur clavier et leur souris pour faire des gestes devant leur écran. Doug Fritz répond clairement oui. Pour ma part, je serai moins catégorique. C'est vrai que la souris, on l'a déjà remisée dans un tiroir avec les nouveaux pavés tactiles multitouch, quand au clavier, je vous laisse imaginer comment gester du texte. J'ai bien quelques idées sur la question, mais je n'imagine toujours pas écrire ce billet en m'agitant devant Kinect.

jeudi 9 décembre 2010

Le Graffiti Bar : un nouvel Interactive Bar à Tokyo

Un nouveau bar qui s'équipe de grandes surfaces interactives multitactile. Cette fois-ci c'est à Tokyo au Graffiti Bar.
On appelle ça un interactive bar.
Regardez cette très courte vidéo ou cette plus longue.

Au restau, vous avez certainement déjà constaté que la carte ne vous permettait pas toujours de bien choisir vos plats etvos boissons (à part dans les restau asiatiques où il y a des images) et que parfois, on s'ennuyait ferme à attendre le prochain plat. Je n'ai d'ailleurs jamais compris pourquoi on attendait parfois si longtemps pour avoir un dessert qui ne demandait aucune préparation.

Je trouve qu'avec des écrans multitactile sur les tables, on pourrait apporter une solution à ces deux problèmes. On pourrait feuilleter une carte virtuelle qui ne serait pas que textuelle, avec des photos, des conseils, des recommandations... et on pourrait mettre des jeux (puzzle, quiz...) pour se divertir entre deux plats.

Je ne suis donc pas emballé par les vidéos du Graffiti Bar. Sur la plus longue, on voit une carte qui n'est que le pâle reflet d'une carte papier (autour de 2 min), elle ne présente aucun intérêt. Bien sûr, on tourne les pages à un doigt, mais comme sur tous les lecteurs de livres numériques, ça n'a vraiment rien de très innovant.
Quant à faire des traits ou écrire avec ses doigts, ça doit pouvoir amuser des enfants pendant quelques temps, mais ça ne vaut pas un bon jeu multijoueur sur la table.

L'initiative du Graffiti Bar reste intéressante, mais il va falloir se creuser davantage la tête pour que ces technologies soient plus intéressantes pour les consommateurs de bars ou de restaurants.

samedi 23 octobre 2010

L'IPod nano consacre le règne de l'interaction (multi)tactile




On peut voir dans la sortie du nouvel iPod nano une consécration de l'interaction multitactile (multi-touch).
Si cette forme d'interaction n'est pas nouvelle (cf. l'historique dressé par Bill Buxton), elle concernait surtout, des dispositifs d'une certaine taille.


Les plus petits sont des pavés taciles (tactile array sensor de 1981, trackpad d'Apple de 2007), arrivent ensuite des écrans tactiles (multi-touch screen des Bell Labs de 1984, écran multitactile 3M de 2009), puis, en grandes tailles, les tables interactives (Digital Desk de Xerox de 1991, table Surface de Microsoft de 2007) et pour finir les grandes surfaces tactiles (Multi-Touch Collaboration Wall de 2008, TouchWall de Microsoft de 2008).

Avec le nouvel iPod nano, le multitactile arrive sur un écran de 1,5 pouces de côté, soit 5 cm de diagonale.
Ne cherchez pas les boutons ou la roue cliquable (click wheel), il n'y en a pas. L'iPod nano se résume juste à un écran multitactile.


Toutes les commandes passent pas l'écran tactile, avec un seul doigt, à l'exception de la rotation qui se fait à deux doigts.
L'évolution de la gamme nano est assez intéressante à observer.
La click wheel a résisté pendant 5 générations, pendant 5 ans de 2005 à 2010. En fait, elle est apparue en 2004 sur l'iPod mini en remplacement de la touch wheel de l'iPod vesion 2002 qui remplaçait la scroll wheel du premier modèle de 2001.


L'introduction de l'écran multi-touch sur un iPod remonte à 2007 avec la sortie de l'iPod touch.
Le nouvel iPod nano ne retient que le meilleur en perdant sa roue et en ne gardant que l'écran multitactile.
L'écran d'accueil propose 4 "gros boutons" pour accéder aux listes de lecture, aux artistes, lancer ou arrêter l'écoute et créer une liste genius.

Toutes les commandes sont gestuelles, le tap pour sélectionner ou pour faire apparaître un menu, le swipe pour changer de page, la rotation pour faire pivoter l'affichage, le tap long pour revenir à l'écran d'accueil, le tap long suivi du drag pour changer l'ordre des icônes comme sur l'iPhone et la secousse pour écouter ses morceaux dans un ordre aléatoire.

Il faut remarquer qu'Apple propose désormais deux formes d'interaction sur ses petits iPod : le shuffle (59 € les 12,5 g) et le nano (169 € les 21 g).
C'est la synthèse vocale (VoiceOver) associée à la click wheel pour le shuffle et l'écran tactile pour le nano.
Qui va gagner d'après vous ?

mardi 5 octobre 2010

BlindType pour saisir du texte sur son ordiphone sans peur et sans reproche

C'est la première fois qu'une méthode d'entrée de texte fait autant du buzz aussi rapidement sur la Toile.

Je veux parler de BlindType.

Ce n'est pas vraiment la technique de saisie qui est commentée, mais l'annonce de l'achat par Google.
Il faut dire que ce qui freine depuis toujours l'essor des smartphones, tout comme avant des PDA, c'est la difficulté de saisir du texte avec ces petits systèmes et leurs minuscules claviers.
C'est déjà difficile sans bouger, mais en mouvement ça devient quasiment impossible de viser sans se tromper la bonne touche au doigt ou au stylet. Faire une seule erreur par mot, soit en moyenne se tromper de touches une fois sur 5, relève presque de l'exploit.
On comprend bien que Google, lancé dans l'aventure des smartphones avec Android", recherche la bonne méthode pour saisir du texte sans trop d'effort.
L'approche de BlindType semble intéressante car au lieu de supposer que vous saisissez sans erreur, BlindType part plutôt du principe que vous avez toutes les chances (façon de parler) de taper souvent sur les mauvaises touches. Avec BlindType, vous pouvez taper votre mot comme vous pouvez en appuyant sur les bonnes touches ou à côté, une bonne prédiction lexicale (en anglais) corrige vos erreurs.
On peut donc taper sans faire trop attention, c'est à dire taper très vite, à la fin de chaque mot, vous faites un swipe (geste de glissé du doigt) et BlindType affiche, en principe, le bon mot. Vous pouvez toujours refusé le mot proposé et choisir dans une liste d'autres propositions dont, en début de liste, le mot que vous avez réellement frappé.
Un exemple, si vous tapez successivement sur les touches "e t t o y s", après un swipe, c'est le mot "errors" qui sera inséré dans le texte (sur la photo, en tapant "f u b", c'est le mot "fun" qui est affiché).

Vous pouvez penser que BlindType se limite à un bon module de prédic-tion lexicale. C'est plus que ça, avec BlindType, vous pouvez taper sans clavier virtuel affiché à l'écran, en tapant n'importe où sur l'écran et en tournant votre smartphone (cf. photo).
Ce n'est tout de même pas commun.

Les commentaires sur le net sont assez élogieux. Comme d'habitude, on trouve les classiques (et peu inspirés) "awesome", "huge", "cool", "stuned" et le fameux "WOWWW".
L'inventeur de BumpTop juge dans un tweet BlindType de "frickin' amazing" et un autres s'exclame "omg" (Oh My God).

C'est la consécration, cette méthode n'est même plus reconnue comme une bonne idée humaine, mais carrément d'essence divine !
Google a bien raison de sauter dessus aussi vite pour porter Androïd au 7e ciel.


Regardez la vidéo, la frappe est rapide, pour bien comprendre vous devrez jouer du pause/play.

mardi 21 septembre 2010

Kinect, pas si mal à jouer et aussi à regarder les autres jouer


Je reviens sur Kinect et cette fois-ci, je vais être assez positif.
Les capteurs ont l'air de marcher plutôt convenablement.
On voit bien sur la première photo comment à partir de l'infrarouge (image de droite) et de l'image des personnes, le système modélise leur squelette (ici avec 12 points).
J'ai testé, vous pouvez bouger, le squelette vous suit assez bien avec très peu de décalage (lag).

Il arrive parfois des problèmes comme sur la photo ci-dessus où la personne est de profil. Le système ne retrouve plus les deux jambes, ni les deux bras.

C'est assez surprenant d'observer les joueurs qui ont tendance à pas mal accentuer leurs gestes. On peut le constater sur ces deux photos quand le joueur essaie de cabrer la voiture ou simplement de la faire tourner.

Sur la DS, on pouvait caresser son animal domestique avec le stylet, c'était amusant, mais pas très naturel. Avec Kinect, pas besoin de manette, directement avec les mains, on peut caresser ce petit tigre... virtuel (on voit l'image de la main en surimpression sur l'image).

Caresser le tigre sans aucun dispositif intermédiaire, c'est bien naturel, mais bouger les mains dans le vide, sans volant, sans manette, pour conduire une voiture, est-ce si intéressant ?
A vous de juger... bientôt.

lundi 13 septembre 2010

Pour Microsoft, Kinect n'est rien de moins qu'un grand pas pour l'humanité


J'ai déjà parlé plusieurs fois du projet Natal de Microsoft sur ce blog,.
J'étais sceptique dès le départ ce qui m'a valu quelques critiques.
Natal s'est transformé en Kinect et sera disponible dès novembre.
La presse spécialisée a pu le tester cet été et les internautes commentent déjà abondamment le futur bébé de Microsoft.
Dans l'ensemble, c'est plutôt critique, les mots "flop" ou "bide" sortent souvent.
J'avais expliqué, en juin dernier, pourquoi de mon point de vue Kinect nous faisait remonter au singe.

Pour l'annonce de Kinect, Microsoft a demandé au Cirque du soleil d'assurer le show. Au début du show, le narrateur déclare : "The future of humanity is humanity itself. In the 50 million years of evolution, the narrator said, each leap forward in technology leaves more and more people behind. This time, human beings will be at the center, and the machine will be the one that adapts".
Bref, Kinect ne serait pas une nouvelle plateforme de jeu, mais une révolution dans l'histoire de l'humanité, un grand pas pour l'humanité, rien de moins.
Le spectacle du Cirque du soleil était forcément grandiose, le message était exaltant, du coup, les attentes risquent d'être immenses.
Microsoft prend donc le risque de décevoir.
Apparemment , les hardcore gamers sont déjà très critiques, on verra si les kids et leurs parents seront séduits et trouveront que Kinect les a bien à l'oeil et détecte tous leurs gestes.
On sait déjà que les filles devront mettre un pantalon et qu'il faudra éviter de porter des rayures.
Kinect a donc plus été conçu pour l'américain en T-shirt que pour le breton en marinière.