mardi 3 novembre 2009

Vitrine magique

Après avoir parlé des surfaces interactives dans les bars et restaurants, abordons les vitrines magiques, plus exactement les vitrines interactives. Ça vient de sortir et ça risque de proliférer.

La première que j'ai rencontrée dans la rue, c'est celle d'une agence de voyage de Grenoble. Le produit est réalisé par une petite société locale pleine d'avenir qui s'appelle Hilabs. Ce n'est pas très étonnant quand on sait que Grenoble est un des pôles majeurs en France sur les nouvelles interactions homme-machine (IHM).
Si la technologie EyeLight d'Hilabs fonctionne bien, elle n'attire pas encore le chaland.
Pour preuve l'énorme sticker autour du grand écran tactile qui indique "N'hésitez plus, touchez la vitrine".
Comme ça ne doit pas suffire, dès que vous approchez, l'écran affiche un premier message "n'hésitez plus", puis un deuxième "touchez la vitrine".
Ce n'est pas encore gagné pour autant, il suffit de regarder la perplexité de la jeune femme assez intriguée par cette vitrine pas comme les autres.
Elle porte sa main au visage, l'air de dire "et maintenant, que faire ?".

Un peu plus tard, vu la simplicité de l'inter-action, elle n'hésite plus à toucher les différentes fiches de voyage et finit même par faire de grands gestes sur la surface.
Pour un tout nouveau support d'infor-mation commer-ciale, ce n'est pas si mal, la badaude n'a pas fuit devant cette vitrine un peu spéciale.

Espérons qu'on ne verra pas partout des vitrines couvertes d'affreux messages "n'hésitez pas, touchez-moi".
Pour finir, une remarque, ne sachant pas dans quelle boutique de la place Victor Hugo de Grenoble était cette vitrine, j'ai demandé à la contractuelle qui fait le tour du quartier à longueur de journée si elle savait où elle était. Elle n'a pas su me renseigner, elle n'avait jamais remarqué cette vitrine interactive qui s'anime pourtant à son approche.
De deux choses l'une, soit, cette technologie n'attire pas vraiment, soit la contractuelle est très occupée à mettre des PV et ne n'a pas le loisir de regarder les vitrines.

mardi 20 octobre 2009

Avec le clavier multitouch de Microsoft, à deux mains, c'est mieux.


J'avais promis de revenir sur le problème de la saisie de texte sur les hypothétiques tablettes tactiles de type Microsoft Courier ou Apple iPad (ce nom n'a rien de certain).
Sur les différentes vidéos, on voit bien deux approches différentes.
Du côté de la pomme, l'iPad est vu comme un iPod touch grand format, un genre de livre électronique (appelé aussi kindle), la saisie repose donc sur un classique clavier virtuel comme sur l'iPhone.
Du côté de Redmond, comme le montre cette vidéo (la même que dans le dernier billet de ce blog), pas de clavier, on écrit tout au stylet, aussi bien une url, que l'adresse d'un contact, un tag ou une note.
Vous allez me prendre pour un éternel pessimiste, mais je n'y crois pas trop, l'écriture au stylet reste lente (juste quelques mots à la minute), pas très commode, on ne sait pas trop quoi faire du stylet quand on n'écrit pas et, surtout, on risque de passer plus son temps corriger le texte qu'à vraiment écrire.
Je pense que Microsoft n'est pas naïf et a quelques idées pour saisir de façon plus efficace du texte sur ses futures tablettes.
Plus que des idées, il a déposé un brevet qui propose un clavier plus original que le clavier virtuel de l'iPhone qui n'est jamais que la réduction du clavier qwerty inventé par Sholes en 1873 ! Bref, dans ce domaine, Apple n'innove pas trop.



Quelle est l'originalité du clavier proposé à Redmond ? C'est d'être adapté à la frappe à plusieurs doigts sur une surface tactile. Le problème avec les surfaces tactiles, c'est que contrairement aux claviers physiques, on ne sent pas les touches sous les doigts, on ne peut donc pas saisir à l'aveugle, il faut toujours regarder le clavier.
Dit autrement, sur un clavier physique azerty, il suffit de savoir qu'on a l'auriculaire sur le "a" pour taper le "z" avec l'annulaire sans avoir à regarder le clavier. Sur un écran tactile, on n'a pas cette correspondance physique entre les touches et les doigts.
Le brevet de Microsoft repose sur la technologie multitouch et aligne les touches sous les doigts de l'utilisateur. Comme le montre le schéma du clavier, en posant les 5 doigts sur la surface tactile, l'espace tombe sous le pouce, le "h" sous l'index, le "j" sous le majeur, le "k" sous l'annulaire et le "l" sous l'auriculaire de la main droite.
En fait, ce n'est plus les doigts qui se positionnent sur les touches comme avec un clavier physique, ce sont les touches qui tombent automatiquement sous les doigts.
Cette approche me semble intéressante, je ne pense pas qu'elle va permettre de saisir du texte sur une tablette avec des performances extraordinaires, mais elle devrait permettre de relâcher un peu l'attention visuelle nécessaire à la saisie sur les dispositifs tactiles.
Dernier avantage, vous avez remarqué que vous aviez deux mains, comme la tablette Courier est dual screen et que le clavier proposé est éclaté en deux sous-claviers, c'est assez élégant d'afficher chaque partie sur un des écrans et de saisir avec une main de chaque côté.
En voilà une idée qu'elle est bonne.

dimanche 4 octobre 2009

Courier - Et si la prochaine tablette venait de Microsoft et pas d'Apple


Dans le dernier billet de ce blog, je parlais des rumeurs persistantes sur la sortie imminente de tablettes tactiles.
A ce jeu, Apple est hors concours, depuis des années, il n'y a pas un mois sans qu'on annonce l'arrivée d'une telle tablette avec photos à l'appui.
Eh bien, aujourd'hui, la rumeur ne vient plus d'Apple, mais de Microsoft avec sa tablette Courier.
C'est encore un prototype, mais on ne semble plus loin d'un produit.

La principale caracté-ristique de Courier, c'est d'être une tablette double écran (dual-screen tablet), elle s'ouvre et se ferme comme un livre, une charnière relie les deux côtés composé chacun d'un écran de 7''.
C'est donc plus qu'une simple tablet, c'est une booklet.

Il faut aussi remarquer que cette tablette se recharge par induction, elle ne se branche pas, elle se pose simplement sur un socle inductif (inductive pad).
Comme il se doit, cette tablette est multitactile, l'interaction repose sur des gestes réalisés à un ou plusieurs doigts. On retrouve, en plus du tap et double tap, le classique flick (geste directif) pour envoyer une information d'une page vers l'autre (en fait, d'un écran vers l'autre), le pinch (geste de pince) pour zoomer, ou encore le petit geste pour tourner les pages.
En plus des gestes, on a aussi accès à des boutons, sur la zone médiane qui est également tactile au niveau de la charnière.
L'interaction se fait au doigt ou au stylet. On utilise le doigt pour les gestes et le stylet pour écrire, par exemple, pour indiquer l'adresse d'un site web (URL).
Si je crois que Microsoft est capable de sortir une telle tablette, je ne suis vraiment pas certain que cette dernière possibilité soit réaliste, l'écriture au stylet sur une petite surface de 7'' reste lente et pas très agréable, quant à la reconnaissance de l'écriture, elle restera truffée d'erreur et ne fera qu'énerver l'utilisateur.
Je pense que Microsoft proposera dans le produit final une autre façon d'entrer du texte (j'y reviendrai dans le prochain billet).

Pour les commandes, en revanche, Courier a choisi d'utiliser des menus circulaires (pie menu), là, c'est le bon choix. Je ne pense pas qu'on retrouvera dans Courier une classique et obsolète barre de menu.

Vous pouvez voir toutes ces caractéristiques de la tablette Courier dans cette courte vidéo.

lundi 14 septembre 2009

iPad, iTouch, iTablet, iTouch Pod pro, iNote, iLive, iDoodad


Avez-vous constaté que tous les systèmes interactifs, tous les formats d'écrans ont leurs versions tactiles.
Le téléphone mobile a vu débarquer le smartphone full tactile, le PC existe en version tablet PC, et l'écran LCD ou plasma sert de base aux grandes surfaces interactives.
La question qui se pose est de savoir si le netbook, le produit phare depuis 2 ans, peut échapper à la tactilisation ?

Il existe peu de tablettes tactiles de taille moyenne (de 6 à 10''), on peut citer les PMP Archos 9 ou Bmorn BM-888 ou encore l'UMPC Samsung Q1.
Ce serait étonnant que des tablettes tactiles avec des écrans plus grand que les 4'' des smartphones et plus petits que les 10'' des netbooks ne débarquent pas sur le marché.
On en parle depuis des années et du côté d'Apple les rumeurs sont incessantes.
Depuis 2007, on annonce la sortie imminente d'une tablette, en quelque sorte un iPhone grand modèle.
Chacun a même son idéee sur son nom : iPad, iTouch, iTablet, iTouch Pod pro, iNote, iLive...
C'est certainement la rumeur la plus insisinstante de l'été. Certains pensaient qu'une annonce suivrait le retour de Steve Jobs cet été. Encore raté.

Quand on connaît l'échec du Message Pad (plus connu sous le nom de Newton) et qu'on se souvient que c'est Steve Jobs qui avait mis un terme à l'aventure MessagePad en 1997, on n'est pas surpris de la prudence d'Apple sur ce type de produit.

Il faut aussi se souvenir de l'échec des premiers PC tablette, appelés NotePad, qui tournanient sous Windows for Pen Computing (W4PC) au début des années 90. Le plus connu était le NCR Notepad 3125.

On a aussi totalement oublié, qu'en 1992, le premier ThinkPad, nom des portables IBM (toujours commercialisés sous ce nom par Lenovo) était un PC tablette. C'était le 700T qui coûtait plus de 4 000 $. C'est pour cette raison qu'IBM a créé le nom ThinkPad (Pad indiquant qu'il s'agissait d'une tablette). Il avait un écran monochrome de 10'' en VGA (640x480).
Bref, la tablette PC n'est pas une idée neuve et son histoire est davantage peuplée d'échecs que de réussites.

La nouveauté, c'est qu'on parle également de tablette dans le monde Androïd, mais comme pour l'iTablet, ces annonces ne sont des fakes (de fausses rumeurs).
Alors pourquoi ces tablettes ne sortent pas, pourquoi les générations précédentes de tablettes n'ont pas été vraiment convaincantes.
Le problème n'est pas technologique, c'est plutôt que ce type de système offrent plus d'inconvénients que d'avantages et que ces inconvénients sont assez rédhibitoires.
Quels sont-ils ?
Le premier problème est leur taille, la tablette PC est trop grande pour entrer dans une poche (contrairement à un smartphone ou un PDA).
Le deuxième, c'est qu'une tablette coûte bien plus chère qu'une machine de même taille sans écran tactile. C'est toujours vrai aujourd'hui quand on voit le prix des netbooks.
Le troisième défaut est que la saisie de texte avec un stylet ou au doigt reste lente (on écrit pas plus d'une dizaine de mots par minute avec un stylo) et que les erreurs de reconnaissance restent (et resteront) toujours nombreuses (impossible d'écrire quelques mots sans erreur).
Quatrièmement, que le seul intérêt de la tablette, par rapport au laptop ou au netbook, est de pouvoir l'utiliser sans le poser sur une table, en le tenant à la main. Mais dans ces conditions, vous n'avez qu'une main libre (l'autre tient le système), vous n'êtes pas bien installé pour interagir, et si, en plus vous bougez, vous constaterez rapidement que vous ne pouvez pas faire grand chose. C'est comme pour les smartphones, c'est quasiment impossible de les utiliser en marchant.
On peut encore ajouter qu'avec leur écran tactile, les tablettes sont fragiles et doivent être protégées ce qui complique encore leur usage.
Alors, je ne sais pas si Apple va sortir son iTablet, si les chinois vont proposer une tablette sous Android ou si les coréens vont donner une suite au Q2, mais je ne crois pas que les tablettes multitactiles de 7 à 10'' feront un carton.
On en reparle dans 3 ans.

mercredi 9 septembre 2009

Le Hard Rock Cafe passe aux surfaces interactives


Après Imano à Londres, Clo Wine Bar à New York, le Hard Rock Cafe de Las Vegas s'équipe en surfaces interactives.
Qui sera le premier à proposer un tour du monde des bars tablointeractifs ou à faire une Google Map sur ce sujet.
Le Hard Rock sort le grand jeu avec d'abord un mur géant interactif multitactile et multiutilisateur, des tables interactives multitactiles et des juke box multimédia tactiles.
Les tables sont de classiques Microsoft Surface avec des applications propres au Hard Rock comme on peut le voir sur cette vidéo.
Le mur ne fait pas moins de 5,50 m par 1,20 m et permet à 6 utilisateurs de naviguer dans les collections d'objets de l'enseigne sous une "douche sonore".
Comme le montre cette autre vidéo (vers 1,12 min), vous pourrez toucher du doigt les gants pailletés de Mickael Jackson (et aussi son blouson rouge de l'album Beat it). Dommage que cette technologie ne permette pas de les enfiler, mais c'est déjà pas mal.
A n'en pas douter, ces surfaces interactives devraient attirer le public dans les bars et restaurants ainsi équipés. Il faudrait cependant qu'on puisse poser son verre et éventuellement le renverser sur sa table interactive ce qui ne semble pas possible au Hard Rock (contrairement au Clo Wine Bar).
Les applications possibles sont innombrables. Imaginez un table-store qui offrirait 20 000 applications qu'on pourrait tester (au moins quelques unes) en sirotant un verre ou en mangeant. Il faudrait limiter le temps à table car sinon, ça deviendrait vite l'inverse du fast-food pour certains !
Il faudrait cependant que les apps soient plus intéressantes que celle présentée sur cette vidéo qui ressemble aux premières applis sur table interactive à bas coût.
Pour le Hard Rock, l'avantage est évident, il pourra désormais montrer ses riches collections de guitares et autres objets cultes dans tous ses restaurants.
Personnellement, j'aimais bien me balader dans les différents étages du restau et m'arrêter devant la guitare d'Eric Clapton ou la veste d'Elvis (à voir dans le café de Los Angeles).
Ne soyons pas nostalgique, et essayons le Hard Rock Cafe de Las Vegas, où il est désormais possible debout devant le mur ou assis à table de toucher du doigt l'âme du rock.

mercredi 26 août 2009

Boire un petit coup, c'est agréable

En novembre 2007, on ne savait pas encore trop à quoi pourrait servir les tables interactives.
Je m'étais risqué à écrire, sur ce blog, "Je parie que les premières tables tactiles seront des tables de bar".
Deux ans plus tard, les baux bars interactifs pour bobos sont là, fréquentés d'ailleurs par une majorité de femmes.
Le plus branché est certainement le Clo Wine Bar au 4e étage du Time Warner Center de New York, New York.
Ce que je trouve bien, c'est la grande table interactive qui permet de se balader parmi les vins proposés.
Elle est multi-utilisateur et multitouch.
En parcourant les bouteilles avec le doigt, on retrouve l'effet d'agran-dissement des icônes du dock de MacOs.

Ce que je n'aime pas, c'est le distributeur de vin de type fontaine à soda de fast food, et aussi le codage des vins sous la forme E2, K5...
Plutôt que d'aller tirer 4 oz (12 cl) de A2 (du Krug "Grande Cuvee" sur la vidéo), je préfère, tout de même, qu'on m'apporte à table la coupe de Champagne.
L'autre inconvénient, c'est la carte magnétique qui est nécessaire pour accéder à la fontaine à vin, après 4 verres, elle est bloquée.
Boire un petit coup ça va, mais pas plus de quatre, c'est comme ça à NY !

Pour vous faire une idée, regardez la vidéo de Muse TV ou, plus drôle, la vidéo en japonais de Fuji TV.

samedi 22 août 2009

L'iPhone progresse de plus de 1 000% quand Windows Mobile chute de 29%... mais il faut regarder les chiffres de plus près


Il faudrait vivre sur une île déserte pour ne pas se rendre compte que les téléphones mobiles disposent de plus en plus d'un écran tactile.
Mais comment évaluer la progression de ce type d'interface ?
L'étude de Canalys (expert des marchés high-tech situé à Palo Alto) vient de livrer une étude sur le marché des smartphones au deuxième trimestre 2009.
Que s'est-il passé depuis un an (de Q2 2008 à Q2 2009) :
- D'abord que la crise mondiale ne touche pas les smartphones, la progression, au niveau mondial, est de 13% sur un an.
- Ensuite que certains acteurs gagnent plus que d'autres, par exemple, la progression de l'iPhone est de 627%, celle de RIM (avec les Blackberry) de 42%, Nokia monte seulement de 10%, les autres connaissent une baisse de 33%.
- En revanche, les poids lourds du marché restent les mêmes. Apple, avec un produit unique, ne représente que 2% du marché, quand Nokia fait 45% et RIM 17%.
- Du côté des interfaces, le tactile prend son envol avec une progression de 283%, le clavier physique complet progresse lui de 29% (surtout grâce à RIM), alors que le clavier téléphonique à 12 touches (T12) régresse de 42%.
- Au premier trimestre 2009, le clavier virtuel devient l'interface dominante, il équipe 40% (12% en 2008) des smartphones et détrône le T12 qui ne se retrouve plus que sur 32% des appareils (64% en 2008), arrive derrière le clavier physique complet qui équipe 28% des smartphones (25% en 2008). En un mot, le tactile explose et le T12 s'effondre.
- Enfin, côté système d'exploitation, on retrouve les même taux de progression pour Apple et RIM, soit respectivement 627% et 42%. Les perdants sont Symbian qui régresse de 2% et surtout Windows Mobile qui chute de 29%.
Cette étude montre qu'il faut toujours se méfier des chiffres. Sur le marché EMEA (Europe, Moyen Orient, Afrique), l'iPhone progresse de plus de 1 000%, extraordinaire... mais ne représente que 14% des smartphones (alors que Nokia avec une baisse de 0,1% reste leader avec 64% !
En résumé, globalement Nokia reste le leader du marché des smartphones, l'interface tactile passe pour la première fois devant les autres, Apple gagne des parts de marché (surtout en Amérique du Nord avec 23% des parts), RIM progresse toujours fortement. Globalement, le grand perdant est Windows Mobile qui équipe désormais moins de 10% des smartphones.