dimanche 29 janvier 2012

Samsung Smart Window : une fenêtre ouverte sur le monde numérique

J'ai souvent affirmé que le tactile allait conquérir pas mal de types de surfaces : les tables, les murs, les sols...
J'en avais oublié une : les fenêtres.

Au CES de Las Vegas, cette année, Samsung a présenté un prototype de fenêtre tactile vraiment séduisante : la smart window.

On est en plein dans la réalité augmentée avec cette fenêtre augmentée.

C'est étonnant que Microsoft, un des acteurs majeurs du multitouch avec Surface, qui doit sa "notoriété" à Windows, n'ait pas eu l'idée de faire une fenêtre tactile !

Rien n'empêcherait d'avoir Windows sur sa smart window.
Encore mieux, on pourra suivre les gazouillis des oiseaux (twitter) à travers cette fenêtre (voir vidéo).
Et quand l'écran deviendra tout noir, ce ne sera pas pour cause d'erreur système, c'est qu'on aura tout simplement fermé les volets.
Enfin, pour connaitre la météo, vous aurez désormais deux possibilités.
1- regarder par la fenêtre et se faire une idée du temps à l'extérieur
2- lancer le widget météo sur la smart window et se fier à ses prévisions.
En cas de désaccord, à vous de choisir !

La smart window répond qu'à moitié au concept de fenêtre, c'est bien une ouverture dans un mur qui laisse passer la lumière, mais qui ne laisse pas passer l'air.

Si cette fenêtre reste toujours fermée dans le monde physique, son intérêt est bien d'être toujours ouverte sur le monde numérique.
video


mercredi 4 janvier 2012

Du tactile, au sensuel, du sensuel au sexuel, il n'y a qu'un doigt

Une enquête Ipsos (1) m'amène à poser cette question :  est-ce que les interfaces tactiles sont responsables du désintérêt relatif des hommes pour le sexe ?
Cette enquête montre que 39 % des hommes avouent rechercher du plaisir en jouant avec leur téléphone ou leur tablette alors que seulement 36 % privilégieraient le sexe. Arriveraient ensuite la musique, le sport et les voyages.
L'enquête ne dit pas si faire du sport en voyage en écoutant de la musique permet d'atteindre le nirvana.

C'est tout de même un fait nouveau dans l'histoire de l'humanité, plus précisément dans celle de l'homme.
Cela tient, en partie, aux interfaces tactiles. A force de caresser ces dispositifs, l'homme y a pris du plaisir.
Avec l'interaction tactile, on est passé du pilotage de souris à l'effleurement de l'écran, du contrôle moteur au contrôle sensuel. Du sensuel au sexuel, il n'y avait qu'un pas ou plutôt un doigt.

Dans le magazine CQ, le témoignage de Xavier, 32 ans, est sans ambiguité : "Je dois reconnaître que passer du temps sur mon iPad est une expérience quasi érotique. Ma copine râle parce que je l’emmène au lit et que je n’en décolle pas de la soirée. Alors qu’avant, quand je prenais un bouquin, j’en lisais quelques pages et puis je lui sautais dessus…".
Voilà un avantage de l'iPad (et aussi des liseuses numériques) sur le livre qu'on n'avait pas encore bien mesuré !

Le contact de l’écran tactile serait plus réconfortant que celui des fesses de sa compagne ou de son compagnon selon le philosophe Vincent Cespedes. Tant qu'à caresser, autant choisir l'objet qui minimise le risque de frustration. Pour l'homme moderne, le sexe est perçu comme une prise de risque, à chaque fois l'échec est toujours possible. À l'inverse, l'iPad est bien plus rassurant, déstressant. On ne peut pas perdre.

Vous penserez que ce comportement s'explique par l'évolution de l'homme qui au fil du temps a délaissé son obsession sexuelle primitive pour des activités plus spirituelles.
Sans doute, mais l'homme n'a pas pu évoluer si rapidement,  en quelques années, depuis que Steve Jobs lui a révélé l'iPhone (2007). S'il trouve aujourd'hui tant de plaisir avec ses appareils numériques tactiles, c'est bien parce qu'il fait l'expérience d'une interaction sensuelle, physique, digitale, dont il ne s'est pas encore lassé.

(1) Enquête Ipsos-Menstyle.fr menée sur 300 hommes CSP+ de 25 à 49 ans.



lundi 2 janvier 2012

Que dire : smartphone, ordiphone ? Pourquoi pas MC ?

Les smartphones continuent de conquérir de plus en plus d'utilisateurs, tant et si bien qu'au cours de l'année 2011, ils ont dépassé en Europe, en termes d'unités vendus, les téléphones mobiles traditionnels.

Cela prouve qu'en moins de 4 ans (l'iPhone date de 2007), ces systèmes sont passés du statut de gadget à celui d'indispensable appareil numérique.
Je ne veux pas dire qu'on ne peut pas vivre sans, mais ceux qui sont déjà équipés n'envisagent pas de s'en séparer (comme disait Paul Auster "Une fois qu'on a goûté au futur on ne peut pas revenir en arrière") et les autres constatant leur utilisation massive en tout lieu et à toute heure finissent par s'équiper lentement mais sûrement.

Le smartphone apparait de plus en plus comme l'appareil numérique utile voire comme un substitut au PC. Dans le même temps, il est perçu de moins en moins comme un téléphone mobile.

D'où la question que j'avais déjà posée en 2009 sur le nom qu'il faut donner à ce type d'appareil (How do you say smatphone in Frennch?).
Peut-on, en 2012, continuer de parler de smartphone ?
A mon avis non et pour plusieurs raisons :

  • c'est de moins en moins un "phone", on fait de plus en plus de choses avec, on utilise des dizaines d'applications et la fonction "voix" est devenue secondaire (tout comme son coût dans le prix du forfait)
  • de plus la voix ne sert plus seulement à téléphoner mais désormais à communiquer avec l'assistant vocal (Cluzee sur Android, Siri sur iPhone)
  • en français, le préfixe smart reste énigmatique pour le plus grand nombre et sa traduction standard en téléphone intelligent est bien prétentieuse
  • en 2009, la Commission générale de terminologie et de néologie a choisi le terme ordiphone, si souvent ses choix sont discutables, ici le terme, contraction d'ordinateur et de téléphone, est plutôt bien choisi.
Ordiphone a donc l'avantage d'être concis, explicite et en plus "officiel", son seul inconvénient doit être son manque d'exotisme par rapport à smartphone.

Il y aurait une autre façon qui me semble intéressante de désigner ce type d'appareil.
Il y a 30 ans, l'ordinateur qui, d'une certaine manière, a révolutionné l'informatique a été le Personal Computer d'IBM, vite dénommé PC. Ce qui le caractérisait, c'était d'être un ordinateur pour une seule personne à usage professionnel et tenant sur le bureau (ces trois points le rendait vraiment novateur).
Aujourd'hui, rebelotte, l'ordiphone révolutionne l'ordinateur. Il nous donne accès à une flopée d'applications en mobilité.
Par analogie, on pourrait le qualifier de MC pour Mobile Computer (Mobile faisant référence à l'usage nomade et à la fonctionnalité de téléphonie mobile).
Pourquoi ce sigle encore plus court que le mot ordiphone n'aurait pas le même succès que son ancêtre, le PC ?

En plus, c'est un terme universel, on dit PC en anglais, en français comme en japonais, on pourrait bien dire MC dans toute les langues.